« Chaque enfant compte. Partout, tout le temps »

© UNICEF France 2015/Jacques Monnin

L’UNICEF France a publié le 9 juin dernier son rapport alternatif, déposé auprès du Comité des droits de l’enfant des Nations Unies dans le cadre de la prochaine audition de la France. Ce rapport, est une analyse de la prise en compte des droits de l’enfant en France et rappelle au gouvernement français que « Chaque enfant compte. Partout, tout le temps ». Retrouvez les progrès à réaliser et les recommandations concrètes.

Comme tout Etat ayant ratifié la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE), la France est tenue, tous les 5 ans, de rendre compte de l’effectivité de ses engagements internationaux et des actions entreprises pour la mise en oeuvre de la CIDE.

L’UNICEF France, dont la mission est de veiller au respect de la CIDE vient d’être auditionné par le Comité des Droits de l’enfant à Genève. Il saisit cette opportunité pour mettre particulièrement en lumière les zones d’ombre de l’application de la CIDE en France, interpeller le gouvernement sur les progrès à réaliser et émettre des recommandations concrètes.

Les principales inquiétudes au regard de l’application de la CIDE

A travers ce rapport, l’UNICEF France pointe du doigt 10 thématiques où l’Etat français peut mieux faire :

  1. Une gouvernance qui n’est pas encore à la hauteur des enjeux et des ambitions de la France.
  2. Des enfants vulnérabilisés durablement par la pauvreté et beaucoup d’entre eux qui cumulent les inégalités (éducation, insertion sociale et professionnelles, santé). 
  3. L’éducation en France : un fossé inégalitaire persistant entre les élèves scolarisés, un véritable gouffre à franchir pour tant d’autres enfants qui n’y ont pas encore accès.
  4. Des enfants et adolescents qui grandissent encore en bidonvilles, laissés pour compte.
  5.  Des mineurs isolés étrangers encore traités comme des étrangers plutôt que comme des adolescents à protéger.
  6. Un territoire national, des pratiques multiples. La France, entre disparités, inégalités et discrimination. La décentralisation a accentué les inégalités entre les enfants vivant en France métropolitaine comme ultramarine
  7. Protéger les enfants : un système plus qu’un projet. La protection des enfants contre toute forme de violence n’est pas encore assurée en France.
  8. La justice des mineurs ne doit pas perdre de vue ses fondamentaux et doit regagner son rang.
  9.  Adolescents en France : le grand malaise.
  10. La politique de développement international de la France entre ambition et réduction des moyens.

L’UNICEF France émet 36 recommandations à l’attention des autorités françaises pour faire avancer l’application de la CIDE dans les différents domaines les plus critiques. La présentation du rapport aux experts du Comité des droits de l’enfant des Nations Unies et sa publication s’accompagnent d’un intense travail avec les ministères et différentes institutions pour impulser de véritables changements. « Plus de 3 millions d’enfants pauvres, plus de 30 000 sans domicile, 9 000 vivant dans des bidonvilles, 140 000 élèves décrocheurs chaque année, des disparités territoriales de plus en plus marquées, particulièrement criantes en France ultramarine… Notre rapport est un cri d’alarme qui doit pousser les autorités françaises à agir d’urgence et de manière plus efficiente pour chaque enfant», alerte Michèle Barzach, Présidente de l’UNICEF France.

L’UNICEF France a également remis au Comité des droits de l’enfant de l’ONU, « Nous les enfants ! », portant spécifiquement la parole d’enfants vivant en France. Enfants et adolescents vivant dans des quartiers frappés par l’insécurité, en situation de handicap, en milieu hospitalier ou encore en situation de décrochage scolaire témoignent de la réalité de leurs droits au quotidien.

Téléchargez le rapport complet « Chaque enfant compte, partout, tout le temps » ci-dessous.

Mise à jour: 17/06/2015

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