Penser la ville à hauteur d’enfant : l'UNICEF affirme son ambition
La conception des villes influence directement la vie quotidienne des enfants et adolescents. Pourtant, la majorité des villes ont été pensées par et pour les adultes, laissant souvent de côté les besoins spécifiques des plus jeunes. Pour réfléchir à cette question et partager des solutions concrètes, l’UNICEF a participé activement à la table ronde « Villes à hauteur d’enfants, villes autrement », organisée par le Haut-Commissariat à l’enfance et rassemblant élus, experts et associations engagées.
A l’approche des prochaines élections municipales de mars 2026, cette rencontre a permis de mettre en lumière le rôle déterminant des municipalités dans la vie des enfants, et d’explorer comment concevoir des villes sûres, inclusives et adaptées à leurs besoins, avec l’expertise et l’engagement de l’UNICEF au cœur des discussions.
Placer les droits de l’enfant au cœur des politiques locales
Depuis janvier 2026, l’UNICEF France a lancé une campagne de plaidoyer et de sensibilisation pour replacer les droits de l’enfant au cœur des politiques locales. Intitulée « Penser la ville à hauteur d’enfant », cette mobilisation rappelle le rôle déterminant des communes dans le quotidien et le développement de millions d’enfants et d’adolescents en France.
Les élections municipales de mars 2026 ne sont pas seulement un rendez-vous politique : elles déterminent, pour les six années du mandat 2026–2032, des choix de proximité qui structurent très concrètement la vie des enfants. La commune est l’échelon où s’organisent des décisions quotidiennes, visibles et tangibles, qui peuvent protéger, freiner ou accélérer l’accès effectif aux droits.
Pourtant, l’enfance reste encore souvent un enjeu secondaire dans les débats municipaux.Selon la consultation nationale des 6–18 ans “Ta voix, tes droits”, menée par l’UNICEF en 2024, qui interroge leur rapport à la ville et aux espaces publics :
≃ 20%
26,7%
≃25%
Pour illustrer concrètement ces enjeux, la Haute-Commissaire à l’enfance, Sarah El Haïry, a organisé la table ronde « Villes à hauteur d’enfants, villes autrement », en présence de Béatrice Lefrançois, Secrétaire Générale de l’UNICEF. Ministres, experts et acteurs du terrain (association Respire, Récréations Urbaines, et la Maison de l’architecture d’Île-de-France) ont pu partager des initiatives locales, discuter des défis rencontrés par les municipalités et explorer des solutions concrètes pour concevoir des villes adaptées aux besoins des enfants.
La campagne UNICEF, articulée autour de 10 priorités pour l’enfance, trouve ainsi un prolongement direct dans les échanges de la table ronde, qui mettent en lumière des pratiques et projets innovants à l’échelle locale.
“ Le programme Ville amie des enfants, porté par UNICEF depuis 2002 vise à replacer l’enfant au cœur des politiques publiques locales, en reconnaissant la ville comme un espace clé d’apprentissage de la citoyenneté.
Les collectivités territoriales jouent un rôle central
dans cette démarche. ”
Faites le Quiz !
Les Ministres appuient la démarche de Ville à hauteur d’enfants
Lors de la table ronde « Villes à hauteur d’enfants, villes autrement », plusieurs personnalités ont rappelé l’importance de penser la ville avec et pour les enfants.
Sarah El Haïry, Haut-commissaire à l’Enfance , a ouvert la rencontre en soulignant l’urgence de la ville à hauteur d’enfant. Les enfants vivent aujourd’hui dans des villes pensées sans eux, et il est temps de leur donner une place réelle dans les décisions qui les concernent.
Stéphanie Rist, Ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées de France, a rappelé que ce concept dépasse l’urbanisme : il s’agit d’un choix de société, révélateur de la place accordée aux plus vulnérables. Elle a identifié trois enjeux majeurs : l’autonomie et la citoyenneté des enfants, la santé publique et la protection de l’environnement. Selon elle, une ville pensée pour les enfants repose sur la confiance, l’écoute et la reconnaissance des enfants comme acteurs à part entière, capables de contribuer aux décisions. Elle a également souligné l’importance d’une approche écologique et d’une attention particulière aux espaces de vie, en montrant que les villes adaptées aux enfants sont plus justes et tournées vers l’inclusive et l’avenir de toutes et tous.
Enfin, Françoise Gatel, Ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, a élargi le sujet à la société dans son ensemble et aux valeurs de vivre ensemble. Elle a insisté sur la nécessité de porter ces questions de manière collective et interministérielle, notamment dans les espaces de proximité où les enfants apprennent à se socialiser. Elle a rappelé que la ville est encore partiellement adaptée aux enfants et que la coordination entre acteurs et secteurs est essentielle.
Retrouvez le compte rendu détaillé de la table ronde a été publié.
Que signifie se mettre à hauteur d’enfant ?
Bâtir une ville à hauteur d’enfants est un choix politique et collectif. Comme le rappelle la Haute-commissaire à l’Enfance, il ne s’agit pas seulement de créer des aires de jeux, mais de penser l’espace urbain dans sa globalité, en prenant en compte les besoins des enfants, de la petite enfance à l’adolescence. Répondre à ces besoins nécessite une approche interdisciplinaire, la mobilisation de tous les acteurs territoriaux et l’appui sur les expertises professionnelles, l’innovation et les expériences locales.
Se mettre à hauteur d’enfants, c’est aussi offrir des espaces de mobilité et d’autonomie, encourager leur participation et considérer leur rôle actif dans la vie de la ville. L’enfance touche à des enjeux transversaux : familles, santé, justice sociale, transition écologique et participation citoyenne. Chaque acteur, à son niveau, est invité à agir concrètement et à collaborer pour que les enfants soient au cœur de nos villes dès aujourd’hui, et non seulement un sujet pour demain.
En conclusion, penser la ville à hauteur d’enfants, c’est construire des villes plus inclusives, plus sûres et tournées vers l’avenir pour tous, et faire de la voix des enfants un moteur de transformation des espaces publics et de la société.
Deux réseaux UNICEF pour accompagner les villes dans leur transition
Dès mars 2026, l’UNICEF France propose un accompagnement renforcé des collectivités grâce à ses deux réseaux phares : Ville amie des enfants et Territoires d’enfance. Ces dispositifs visent à soutenir les villes dans la mise en œuvre concrète de politiques publiques centrées sur les droits et le bien-être des enfants.
Le programme Ville amie des enfants, lancé en 2002, permet aux communes de bénéficier d’une reconnaissance et d’outils pratiques pour intégrer les besoins des enfants dans tous les aspects de la vie urbaine : aménagement des espaces publics, mobilité, accès à la nature et participation citoyenne. La démarche encourage également la consultation active des enfants et des jeunes. Chaque décision publique doit prendre en compte l’avis des enfants.
Le réseau Territoires d’enfance, plus récent, accompagne les collectivités dans leur mobilisation en faveur de l’enfance. Il favorise la coordination entre les acteurs locaux et permet de capitaliser sur les bonnes pratiques et innovations mises en œuvre dans d’autres territoires.
En combinant ces deux réseaux, l’UNICEF offre aux villes un appui concret et structuré pour leur transition vers des espaces de vie plus sûrs, inclusifs et adaptés aux enfants.