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Une épicerie sociale pas comme les autres

Annick COLLIGNON, élue en charge des Affaires sociales à Vernouillet (28)
« Nous avons voulu une épicerie sociale pas comme les autres »

Votre ville a reçu le prix de l’innovation sociale locale en 2008. Pourquoi ?
A.C
: Nous avons reçu le 2ème prix de l’innovation sociale locale 2008 décerné par l’Union Nationale des Centres Communaux d’Action Sociale pour la création d’une permanence d’accès aux soins et à la santé (PASS), externalisée au sein de l’épicerie sociale de Vernouillet, « les quatre saisons », qui fêtait également ses 10 années d’existence. Cette consultation est composée d’un médecin, d’une assistante sociale et d’une infirmière. Elle est ouverte 2 fois par mois.

En quoi l’épicerie sociale est innovante et quelles sont ses actions ?
A.C
: Elle est innovante de par l’externalisation de cette consultation (PASS) du centre hospitalier de Dreux, qui constitue un service nouveau par rapport aux autres services classiques proposés par une épicerie sociale, à savoir : l’aide alimentaire, l’aide au suivi du budget familial, l’insertion vers l’emploi, des ateliers créatifs et de cuisine.
Ces services sont ouverts aux personnes qui ont déposé un dossier au Centre Communal d’Action Sociale (CCAS). Celles-ci sont véritablement accompagnées dans leur démarche. L’équipe du CCAS et de l’épicerie sociale développent des actions de mobilisation de ce public pour aller vers une insertion sociale ou professionnelle. Elle créé, maintient et développe du lien social en organisant des activités de groupe. Et surtout, en favorisant l’accès à la santé, nous remettons une population fragilisée vers un parcours de santé. Des femmes et des enfants, grâce à ce dispositif, sont remis en confiance avec les professionnels de santé pour se faire soigner. La PASS n’est pas un cabinet médical, mais il propose une évaluation de la santé de la personne, la délivrance de médicaments, des vaccinations et, en cas de besoin, réoriente vers un spécialiste. C’est une première étape dans le parcours de santé.

Quelles ont été les étapes concrètes pour passer du projet à l’action ?
A.C : Tout d’abord, la Ville et le CCAS ont réalisé en 2007 une analyse des besoins sociaux. A partir de ce constat, les élus ont défini des thématiques sur la précarité, notamment « Comment donner à chacun, sa place dans sa ville en étant acteur et citoyen ? ». Deux problèmes ont émergé : les freins à l’emploi et les freins d’accès à la santé.
Les professionnels des centres sociaux, du milieu scolaire, les assistantes sociales du département, les acteurs dans le domaine du logement, etc…se sont mobilisés sur l’idée de permettre aux personnes et aux familles les plus défavorisées d’accéder à une prise en charge sociale et de soins à l’épicerie sociale pour dédramatiser l’accès à la santé, à l’image des anciens dispensaires qui favorisaient l’anonymat et apportait de la proximité. Une fois les objectifs définis par chacun des partenaires, la ville a signé une convention avec l’hôpital de Dreux portant sur les conditions d’intervention de la PASS au sein de l’épicerie, sans aucun frais pour la ville. Un mois après, la consultation ouvrait ses portes.

Quels ont été les facteurs facilitateurs pour la mise en place de ce dispositif ?
A.C
: Incontestablement, je dirai que le premier facteur est l’engouement des professionnels du CCAS et de la PASS pour réaliser ce projet. Développer de la proximité était porteur d’un symbole fort. Le deuxième facteur est la confiance entre le milieu médical et paramédical et la transversalité de cette action entre les acteurs sociaux, le tissu associatif, le milieu médical et les agents de la ville.

Quels ont été les freins ?
A.C :
Il n’y a pas vraiment eu de freins. Je parlerai plus d’un sentiment d’impatience qui a fait apparaitre l’idée que le projet à été long à se concrétiser, entre la décision de le faire, prise fin 2007 et la mise en place effective, qui a eu lieu à la fin du premier semestre 2008.

Comment évaluez-vous les résultats concrets ?
A.C
: Chaque année, une évaluation qualitative et quantitative est faite sur le suivi du parcours des personnes prises en charge. En 2009, sur 659 personnes ayant bénéficié de l’aide alimentaire, 284 enfants étaient concernés.

Quels sont vos projets pour l’avenir ?
A.C
: La ville envisage de développer un partenariat avec le secteur de la psychiatrie pour répondre aux problèmes de santé mentale. Une maison des adolescents s’est ouverte à Dreux et le CCAS de Vernouillet va solliciter les professionnels pour intervenir auprès des bénéficiaires de l’épicerie afin de se faire connaître et les inciter à fréquenter cet espace.

Mise à jour: 30/03/2015

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