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Violences sexuelles : les enfants victimes invisibles

© Katherine Evans

L’association Mémoire Traumatique et Victimologie, avec le soutien de l’UNICEF France, publie les résultats alarmants d’une enquête menée auprès de victimes de violences sexuelles.

1 214 personnes âgées de 15 à 72 ans, dont 95% de femmes, ont répondu de mars à septembre 2014, à une vaste enquête nationale portant sur les violences sexuelles qu’elles ont subies. L’association Mémoire Traumatique et Victimologie, avec le soutien de l’UNICEF France, publie les résultats de cette enquête dans un rapport, " Impact des violences sexuelles de l'enfance à l'âge adulte", qui dresse un état des lieux alarmant.

Les enfants, principales victimes des violences sexuelles
81% des victimes déclarent avoir subi les premières violences avant l’âge de 18 ans, 51% avant l’âge de 11 ans et 21% avant l’âge de 6 ans. Dans plus de la moitié des cas, leur agresseur était un membre de la famille.

Un impact très lourd sur la vie des victimes
Les violences sexuelles ont de très graves répercussions sur la vie et la santé des victimes si elles ne bénéficient pas d’une prise en charge appropriée, même 50 ans après les faits. 42% des victimes interrogées ont déjà tenté de se suicider et 95% rapportent que les violences ont eu un réel impact sur leur santé mentale.

Une situation d’urgence sanitaire et sociale
Malheureusement, la gravité de ces violences est loin d’être suffisamment prise en compte et les victimes rapportent que leur droit à bénéficier de soins, d’informations, de protection et de justice leur est régulièrement dénié. 78% des victimes ayant répondu à l’enquête n’ont eu aucune prise en charge médicale rapide après les violences, 41% considèrent que certains soins reçus ont été maltraitants, les victimes mettent 13 ans en moyenne à trouver une prise en charge satisfaisante.

« Il est urgent que les pouvoirs publics mettent en œuvre les moyens nécessaires pour protéger, accompagner et soigner efficacement toutes les victimes de violences sexuelles afin d’enrayer le cycle infernal des violences » déclare la Dre Muriel Salmona, Présidente de l’association.

Les recommandations
Le rapport conclut sur des recommandations clés visant en priorité à mettre les personnes victimes de violences au cœur du système de soins, mais aussi à améliorer leur protection et à prévenir la survenue des violences sexuelles par :

  • Une vraie politique de santé publique concernant la prévention, le dépistage, l’accompagnement et le soin des victimes de violences
  • Des plans d’action gouvernementaux de prévention, d’accompagnement et d’information avec notamment la refonte de la Protection de l’Enfance et de la Protection Judiciaire de la Jeunesse afin d’améliorer la prise en charge des victimes et des agresseurs mineurs.

« Il s’écoule des années, parfois des décennies entre le moment où un enfant subit un viol et celui où la femme ou l’homme qu’il est devenu, ose parler. Que de temps perdu ! Que de souffrances tues ! Nous ne pouvons plus accepter ce silence et ce déni et nous avons une responsabilité collective à agir efficacement » précise Michèle Barzach, Présidente de l’UNICEF France.

Télécharger le rapport complet ci-dessous et pour en savoir plus, rendez-vous sur les sites de l’association Mémoire Traumatique et Victimologie www.stopaudeni.com et www.memoiretraumatique.org

Mise à jour: 09/03/2015

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