Un Projet Educatif Local « ami des enfants » à Mouans-Sartoux (06)

Ville amie depuis 2004, Mouans-Sartoux (06) a fait le choix d’intégrer les principes fondamentaux de la CIDE dans son Projet Educatif Local (PEL). Un outil pour renforcer la mise en œuvre des droits des enfants dans la ville. Rencontre avec Gilles PEROLE, Adjoint au Maire chargé de l’Education et de l’Enfance.

Comment votre Projet Educatif Local se démarque d’un PEL classique ?
Nous avons voulu un PEL opérationnel qui rappelle nos valeurs et qui permette d’apporter une cohérence aux actions en faveur de l’enfance, menées par les différents services de la commune, les associations, mais aussi les établissements scolaires. Il s’agit moins d’un document écrit pour les autorités institutionnelles, qu’un document facilement utilisable par les acteurs de terrain qui œuvrent pour la politique de l’enfance. Ce document, en à peine plus de 2000 mots, offre un vrai outil pratique, accessible au plus grand nombre.

Comment a-t-il été élaboré ?
La méthode, pour aboutir à ce document, a été positive dans le sens où elle a créé du lien entre les différents acteurs locaux. Elus, techniciens et responsables associatifs ont fait dans un premier temps un état des lieux et ont analysé les freins les dysfonctionnements des actions mais aussi les « manques » pour répondre réellement aux besoins des enfants et des jeunes.
Face à chaque objectif nous avons identifié les réponses existantes, mais aussi d’autres réponses possibles. Inutile de vous dire que cette phase d’analyse et d’échanges a permis aux différents acteurs de mieux se connaitre et de faire émerger le besoin de travailler ensemble et en cohérence. Cette première phase est primordiale pour la réussite de l’élaboration d’un document PEL, élaboration commune mais aussi partagée.
Une fois le projet élaboré, il nous a paru important d’élargir l’assise de sa validation en le présentant en consultation publique auprès des citoyens mais aussi de nos partenaires institutionnels (CAF, DDJS, EN). Cette matinée a permis à une cinquantaine de personnes de prendre connaissance des objectifs et actions prévues dans chacun des 5 axes et d’apporter des modifications ou des précisions sur certaines actions. Une fois les modifications validées par le groupe de travail, le PEL définitif a été validé au mois de septembre 2009 par le conseil municipal, lui donnant ainsi le statut de document de référence pour toutes les action envers les enfants et les jeunes sur la commune.

En quoi votre PEL intègre-t-il la Convention Internationale des Droits de l’Enfant ?
Tout d’abord, le respect des droits de l’enfant est rappelé dans les valeurs qui sous-tendent notre PEL. Ensuite, nous avons voulu intégrer les 9 ambitions de Ville amie des enfants dans notre PEL. De ce fait, nous nous mettions un garde fou pour ne rien oublier. Chacun des 5 axes du projet renvoie à une ou plusieurs ambitions de VAE. Les actions intègrent le respect des droits au niveau local, mais n’oublient pas les actions de solidarité à l’international. Certaines actions prévoient également le plaidoyer, mais aussi des manifestations autour du 20 novembre et une fête annuelle des droits de l’enfant.

Quels sont vos principaux objectifs ?
Notre PEL s’articule autour de 5 axes :
Axe 1 : Une ville accueillante et agréable pour les enfants et les jeunes
Axe 2 : Education et prévention
Axe 3 : Social, répondre aux besoins, une ville solidaire
Axe 4 : Vivre ensemble, relation à l’autre
Axe 5 : Travailler ensemble
Il est difficile de résumer les objectifs et les 73 actions prévues, mais les idées forces sont l’écoute des enfants et des jeunes à tous les niveaux, l’accès pour chacun à l’ensemble de l’offre sans aucune discrimination, mais, au-delà, d’être volontariste pour l’accueil des différences. Ce document se fixe également comme objectif de faire prendre conscience aux services de la commune de la nécessité de tenir compte des besoins des enfants et des jeunes dans tous les projets municipaux. Même au sein des services techniques ou de l’urbanisme.

Quels sont vos projets et actions ?
Un comité de pilotage a été mis en place pour suivre la mise en œuvre du PEL et pour programmer chaque année les actions à développer.
Sur 2010, nous souhaitons élaborer une charte au niveau de la direction des services techniques pour que la consultation des enfants et des jeunes sur les grands projets de la ville soit effective, mais aussi pour toujours se poser la question de la prise en compte des besoins de l’enfant dans les travaux d’équipement et d’aménagement.
Nous envisageons de mettre en place une fête annuelle des droits de l’enfant qui serait proposée chaque été aux centres de loisirs des communes alentours. Nous voulons également mettre en œuvre le projet de « la maison des collégiens », structure d’aide et d’écoute des jeunes et de leurs parents. Enfin, mettre en place des conseils d’usagers (enfants, jeunes mais aussi parents) et développer la culture de l’évaluation. C’est donc une année 2010 extrêmement chargée en perspective !

Qu’apporte Ville amie des enfants à votre politique pour l’enfance ?
Ville amie nous a permis, avant tout, de nous amener à nous questionner sur notre action en remplissant le dossier de candidature, puis de réactualisation. Le réseau permet un partage d’expériences mais aussi un questionnement de nos pratiques et de nos choix. Et puis il y a l’aide méthodologique via les outils de Ville amie des enfants tels que le quiz et le tableau de bord, ou bien encore la participation à l’enquête sur la part financière consacrée à l’enfance. L’utilisation de ces outils a permis d’enrichir notre réflexion dans l’élaboration du PEL en nous questionnant sur des champs moins présents sur notre territoire ou en nous aidant à analyser le niveau de développement, mais aussi de réussite de nos actions.

Est-ce que cette approche intégrant les droits de l’enfant dans le PEL induit un coût financier supplémentaire pour la commune ?
Respecter les droits des enfants et mettre en œuvre une politique ambitieuse a forcément un coût. Notre commune a toujours fait le choix de l’éducation, de la culture et de la solidarité pour les enfants et les jeunes, mais aussi pour l’ensemble de la population. L’élaboration d’un budget est une succession de choix, nos arbitrages sont pris en fonction de nos objectifs. Nous travaillons donc à la diminution des dépenses de fonctionnement non prioritaires pour maintenir un haut niveau de qualité de notre politique de l’enfance. Mais toutes les actions permettant une meilleure qualité de service n’ont pas toujours un coût important. Si nous prenons la mise en place des conseils d’usagers, par exemple, le coût est minime. Si nous prenons la mise en place de la charte des services techniques ou prendre en compte l’avis des enfants ne représente pas un surcoût et il peut même représenter une économie en permettant d’éviter des erreurs qui seraient à reprendre ultérieurement !

Pour plus d’information, téléchargez le PEL de Mouans-Sartoux ci-dessous.

Mise à jour: 30/03/2015

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